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Femmes inspirantes de l’histoire : Les vraies « Figures de l’ombre »

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Femmes inspirantes de l’histoire : Les vraies « Figures de l’ombre »


L’histoire méconnue des femmes du film « Les Figures de l’Ombre »

Le film « Les figures de l’ombre » rend hommage à Katherine Johnson, Mary Jackson et Dorothy Vaughan, trois femmes afro-américaines dont les travaux ont permis de grandes avancées pour la Nasa. Pourtant, elles ont été oubliées pendant de longues années.

Le long-métrage adapté du livre de Margot Lee Shetterly, mêle le destin de ces femmes à l’histoire de la conquête spatiale américaine. En parallèle, elles étaient en plein dans la période de l’abolition des lois anti-ségrégation aux Etats-Unis.

Mais qui était les véritables « figures de l’ombre » ?

À partir de 1935, le Comité consultatif national de l’aéronautique (NACA), précurseur de la NASA, a engagé des centaines de femmes comme « ordinateurs », c’est-à-dire quelqu’un qui a effectué des équations mathématiques et des calculs à la main, selon la NASA.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce pôle a été élargi. Ils ont commencé à recruter des femmes afro-américaines avec des diplômes universitaires pour travailler comme « ordinateurs ». Cependant, les politiques de ségrégation exigeaient que ces femmes travaillent dans une section distincte des autres.

Parmi ces femmes, dans les années 60, c’est grâce au travail brillant de trois femmes inspirantes scientifiques afro-américaine que le premier Américain, John Glenn , a été propulsé en orbite en 1962. « Hidden Figures » retrace le parcours de ces femmes inspirantes de l’histoire : Mary Jackson, Katherine Johnson et Dorothy Vaughan. 

Mary Jackson, l’ingénieure combative (1921-2005)

Dans le film, elle est interprétée par la chanteuse Janelle Monae

Mary Jackson était une ingénieure afro-américaine à succès de la NASA et un défenseur des femmes et des minorités dans le domaine.

Elle est diplômée avec des notes élevées de l’école secondaire et a obtenu un baccalauréat en sciences de l’Institut Hampton en mathématiques et sciences physiques.

Jackson a commencé sa carrière comme institutrice et a occupé plusieurs autres emplois avant de rejoindre le NACA.

Son travail consistait à extraire les données pertinentes des expériences et des tests en vol. Elle a également essayé d’aider d’autres femmes à progresser dans leur carrière, en les conseillant sur les opportunités éducatives à poursuivre. 

Mary Jackson (interprétée par Janelle Monáe) a intégré l’aile ouest de l’unité d’informatique de la Naca en 1951, sous les ordres de Dorothy Vaughan. Avant d’obtenir ce poste, la mathématicienne a vécu plusieurs vies : diplômée en mathématique et physique (en 1942), elle a enseigné les maths avant de devenir bibliothécaire puis réceptionniste. Elle a pris une pause à la naissance de son fils, à l’issue de laquelle elle a été secrétaire pour l’armée, puis est entrée à la Naca, où elle a évolué de l’unité d’informatique à celle d’ingénierie où elle a travaillé sur une soufflerie supersonique. Mais elle ne pouvait prétendre à un diplôme d’ingénieur.

Son combat, soutenu notamment par l’ingénieur aéronautique polonais travaillant pour la Naca, Kazimierz Czarnecki, a été d’obtenir le droit de suivre un cursus plus poussé en mathématiques et en physique, brisant pour cela les lois ségrégationnistes interdisant aux Noirs l’accès à de telles études. A l’issue de cette poursuite de ses études, Mary Jackson est devenue la première ingénieure noire de la Nasa. Dans les années 1970, pour inciter de jeunes filles à se diriger vers des études scientifiques, elle avait contribué à la création d’une soufflerie au sein du centre communautaire de Hampton, sa ville natale.

Après avoir occupé son poste d’ingénieure jusqu’en 1979, Mary Jackson a quitté ses fonctions pour travailler en faveur de l’égalité des chances, pour la promotion des minorités au sein de la Nasa, jusqu’à sa retraite en 1985.

Après 30 ans avec la NACA et la NASA (à ce moment-là, elle était ingénieur), Jackson a décidé de devenir un spécialiste de l’égalité des chances pour aider les femmes et les minorités. Bien que décrite comme une sorte de travailleuse en coulisse, elle a aidé de nombreuses personnes à obtenir une promotion ou à devenir superviseurs.

Elle a pris sa retraite de la NASA en 1985. Jackson est décédée le 11 février 2005 à l’âge de 83 ans.

Katherine Johnson, la prodige des calculs (1918-2020)

Son rôle est interprétée par Taraji P. Henson.

Véritable prodige des mathématiques, Katherine Johnson (interprétée par Taraji P. Henson) a grandement contribué au succès du premier vol orbital autour de la planète de l’astronaute John Glenn. Mais avant d’être reconnue pour cela, elle a effectué un parcours scolaire impressionnant : diplômée du lycée à 14 ans, de l’université à 18 ans. Un parcours encore plus impressionnant quand on sait les difficultés éprouvées par une jeune femme noire en pleine période de ségrégation en Virginie.

Katherine Johnson a fait une analyse de trajectoire pour la mission d’Alan Shepard en 1961 et la mission de John Glenn en 1962. 

Selon la NASA, Johnson a fait ses premiers pas dans les écoles de Virginie-Occidentale en étant promue plusieurs années avant son âge.

Après avoir obtenu son diplôme avec les plus hautes distinctions, elle a commencé à travailler comme institutrice en 1937. 

Deux ans plus tard, lorsque le collège a choisi d’intégrer ses écoles supérieures, Johnson et deux étudiants masculins se sont vu offrir des places. Elle s’est inscrite rapidement, mais est partie pour avoir des enfants. En 1953, à son retour sur le marché du travail, Johnson a rejoint la section West Area Computing de Langley. 

Elle a commencé sa carrière en travaillant avec des données d’essais en vol, mais sa vie a rapidement changé après que l’Union soviétique a lancé le premier satellite en 1957. Par exemple, certaines de ses équations mathématiques ont été utilisées dans un recueil de conférences intitulé Notes on Space Technology. Ces conférences ont été données par des ingénieurs qui ont formé plus tard le Space Task Group, la section du NACA sur les voyages dans l’espace. 

Pour les missions Mercury, Johnson a fait une analyse de trajectoire pour la mission Shepard Freedom 7 en 1961, et (à la demande de John Glenn) a fait le même travail pour sa mission orbitale en 1962. Malgré la trajectoire de Glenn planifiée par ordinateur, Glenn aurait voulu que Johnson elle-même s’exécute à travers les équations pour vous assurer qu’ils étaient en sécurité.

Pendant un temps, elle a enseigné les mathématiques dans une école noire de son Etat de naissance. Elle est entrée au sein du Comité consultatif national pour l’aéronautique (National Advisory Committee for Aeronotics, soit Naca, l’ancêtre de la Nasa) en 1953, après avoir eu trois filles avec son premier mari. Rapidement après son arrivée, elle a intégré au Département de guidage et de navigation tant les besoins étaient grands au sein du programme spatial américain. En dépit des épreuves face à elle, Katherine Johnson a fait parler son talent et est devenue indispensable, même après l’arrivée des ordinateurs qui calculaient bien plus rapidement que les humains.

En 1962, alors que le départ de John Glenn approche, l’astronaute a personnellement demandé aux techniciens à ce que Katherine Johnson vérifie elle-même les chiffres calculés par l’IBM, prononçant cette phrase : «Si elle dit qu’ils sont bons, alors je suis prêt à partir.» Elle a rendu un vibrant hommage à celui qui a mis sa vie entre ses mains en décembre dernier, au moment de son décès : «Un homme bien a quitté la Terre pour la dernière fois. On se souviendra de la vie de John Glenn pour le temps qu’il a passé dans l’espace, son courage et les services qu’il a rendus aux Américains», avait-elle déclaré dans un communiqué.

L’ancien président américain Barack Obama lui a remis la médaille de la liberté, la plus prestigieuse récompense civile américaine, en novembre 2015, près de 30 ans après son départ en retraite, après avoir également contribué au succès de la mission Apollo, qui avait comme destination la Lune !

Pour Katherine Johnson, sa plus grande contribution à l’exploration spatiale est ses calculs qui ont permis de synchroniser Lunar Lander du projet Apollo avec le module de commande et de service en orbite autour de la lune. 

Elle a également travaillé sur la navette spatiale et le satellite Earth Resources, et a rédigé ou co-signé 26 rapports de recherche.

Johnson a pris sa retraite de la NASA en 1986. À 97 ans, en 2015, elle a reçu la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile aux États-Unis. Johnson est décédée le 24 février 2020 à l’âge de 101 ans.

Dorothy Vaughan, l’informaticienne pionnière (1910-2008)

Son rôle est interprétée par Octavia Spencer.

Comme ses deux collègues, Dorothy Vaughan (interprétée par Octavia Spencer) a démarré sa carrière comme professeure de mathématiques. Elle est entrée à la Naca en 1943, quittant son poste de professeure de mathématiques pour ce qu’elle pensait être une mission temporaire jusqu’à la fin de la guerre.

Dorothy Vaughan est devenue la première superviseure noire du Comité consultatif national de l’aéronautique (NACA), précurseur de la NASA, en 1949.

Vaughan s’est jointe au Langley Memorial Aeronautical Laboratory en 1943 après avoir commencé sa carrière en tant que professeur de mathématiques à Farmville, en Virginie. Son emploi pendant la Seconde Guerre mondiale était un poste temporaire, mais grâce en partie à un nouveau décret interdisant la discrimination dans l’industrie de la défense, elle a été embauchée de façon permanente car le laboratoire avait une multitude de données à traiter. 

Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, le président Roosevelt a signé des décrets interdisant la discrimination raciale dans l’industrie de la défense nationale. Vaughan a été parmi le premier groupe d’Afro-Américains à être embauché comme mathématiciens et scientifiques, bien que les lois de Jim Crow obligent toujours les employés «colorés» à travailler séparément de leurs homologues blancs.

Pourtant, la loi exigeait qu’elle et ses collègues noires doivent travailler séparément de leurs collègues blanches, et les premiers superviseurs étaient blancs. Vaughan est devenue la première superviseure noire du NACA en 1949 et a veillé à ce que ses employés reçoivent des promotions ou des augmentations de salaire si cela était mérité.

En vertu des lois Jim Crow sur la ségrégation, Dorothy Vaughan et toutes les mathématiciennes noires de la Nasa ont ainsi dû travailler dans une partie isolée du campus, où elles étaient déployées au service de diverses recherches -tout en devant se plier aux lois ségrégationnistes, comme l’usage de toilettes séparées… De 1949 à 1958, Dorothy Vaughan a ainsi dirigé l’aile ouest de l’unité d’informatique, jusqu’à ce que la Naca devienne la Nasa, alors en pleines recherches pour envoyer pour la première fois des hommes dans l’espace, et que les traitements différents en vertu de couleurs de peau ne soient abolis. Elle était devenue la première manager noire de l’histoire de l’agence.

Sachant que les calculateurs humains seraient rapidement dépassés par les ordinateurs, Dorothy Vaughan a alors appris le langage de programmation FORTRAN,

Elle est partie à la retraite en 1971, à l’âge de 61 ans, ne réussissant pas à obtenir de poste de dirigeant au sein du Centre de recherche mais laissant derrière elle une trace indélébile sur toutes les calculatrices qu’elle a inspirées. Dorothy Vaughan est décédée en novembre 2008, à l’âge de 98 ans.

La ségrégation a pris fin en 1958 lorsque la NACA est devenue la NASA, date à laquelle la NASA a créé une division d’analyse et de calcul. Vaughan était un programmeur expert en FORTRAN, un langage informatique de premier plan à l’époque, et a également contribué à une fusée de lancement de satellite appelée Scout (Solid Controlled Orbital Utility Test). Elle a pris sa retraite de la NASA en 1971. Vaughan est décédée le 10 novembre 2008 à l’âge de 98 ans. 

Je te conseille de regarder le film les figures de l’ombre, il est tout simplement magnifique et motivant ! Si tu l’as déjà vu, laisse-nous tes impressions en commentaires !

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